Brutalisme, le design badass des années 60


On a tous rencontré au moins une fois dans sa vie ce fanatique d’urbex et de street-art qui passe ses week-ends à vadrouiller à la recherche de pépites architecturales. Ce qu’il aime le plus, c’est le brutalisme, ces structures monumentales en béton.  Bam ! Le mot fait systématiquement son petit effet. Tellement stylé que même Flavien Berger en a fait une chanson… Mais qu’est ce que c’est exactement ? Le brutalisme, c’est un style architectural très populaire entre les années 50 et 70. Répétition de formes géométrique, absence d'ornements et béton à gogo. Petit tour d’horizon de l’histoire d’amour un temps mouvementée entre béton et design.

 


 

Du béton au brutalisme


Découvert pendant l’Antiquité par les romains  puis oublié au fil du temps, le béton se développe à nouveau à partir du XIXe siècle avec notamment l’apparition du béton armé (Big Up Bagarre on vous aime). La recette n’est pas bien compliquée : quelques granulats (sable, pierre, gravier), un peu de ciment (calcaire et argile), de l’eau, mettez le tout dans un gros malaxeur,, mélangez et vous obtenez du béton ! Un matériau très prisé car dense, solide et peu cher.


Le courant architectural brutaliste voit le jour dans les années 1950 après la Seconde Guerre Mondiale. En Angleterre ou Allemagne, près de 70% des villes sont rasées, et il faut tout reconstruire, vite et à moindre coût. L’heure de gloire du béton arrive enfin ! Peu à peu, les architectes vont tomber amoureux de ce matériau, son côté brut, sa faculté à prendre toute sorte de formes et sa texture vont faire émerger son propre mouvement architectural : le brutalisme. L’un des personnages les plus célèbres de ce mouvement est ce bon vieux Le Corbusier notamment connu pour la Cité radieuse de Marseille (initiée en 1947).


De Rotterdam, Pays-bas                                     

 

Le style architecturale le plus badass du siècle


Représentant une rupture avec les styles raffinés historiques tels que les beaux-arts, le style abrupt des constructions béton est sans concession. Ses propriétés physiques en termes de portance, de texture, de teinte, de facilité d’utilisation permettent toutes sortes d’audaces créatives. Les monuments créés font l’effet de monstrueux cuirassés qui incarnent l’assurance et la puissance. Le brutalisme est sans concession le style le plus badass du siècle.


Mais du coup, les attributs un peu dark du brutalisme deviennent bientôt ses défauts. On lui associe les bunkers, l’architecture communiste, définie par des bâtiments ingrats, gris et sans charme : à ce titre, on lui met sur le dos la réalisation des grands ensembles de banlieue. Le Brutalisme est accusé de défigurer les villes et de favoriser la violence sociale. On ne retient trop souvent de ce mouvement que l’utilisation du béton en oubliant la réalisation de formes futuristes qui le caractérisent.


Geisel Library, University of California, San Diego.


Il faut attendre le XXI siècle et la destruction d’édifices brutalistes pour que les historiens et architectes prennent conscience de leur force culturelle. Depuis, certaines constructions brutalistes sont classées monuments historiques, parfois réhabilitées : « ce qui a commencé comme un projet utopique destiné à concevoir de nouveaux édifices d’utilité publique à partir des techniques les plus pointues a, paraît-il, échoué, n'accouchent que de bâtiments laids, inhumains et impropres à ce pourquoi on les avait construit. (…) Ces bâtiments considérés autrefois comme des monstruosités sont aujourd’hui des trésors nationaux. » écrit le journal britannique The Telegraph.


Visionnaire, taxé de tous les maux pendant plusieurs années, le brutalisme compte aujourd’hui de nombreux fans et inspire tant la décoration d’intérieur que les objets du quotidien. ce n’est pas chez le Pavé Parisien qu’on dira le contraire!


Monument Ilinden, Macedoine.


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