Ça fait quoi de partir au CES quand on est une startup française ?


Au début du mois de janvier, nous sommes partis pour la première fois présenter Le Pavé Parisien au CES à Las Vegas, aka LE rendez-vous annuel mondial de la Tech. En quelques chiffres, le CES c’est 180.000 visiteurs, plus de 4.500 entreprises, des distributeurs et investisseurs à gogo et autour de 7.500 journalistes et influenceurs… et nous avons eu la chance d’y participer ! Énergivore, chronophage et coûteux… Mais alors est-ce qu’on a bien fait de partir au CES ? Spoiler alerte : OUI ! Et on va vous dire pourquoi. Près de deux semaines se sont écoulées depuis notre retour et on peut le dire, il y a vraiment un avant et un après CES. C’est une expérience incroyable de laquelle on ressort vraiment grandi (vous remarquerez la sagesse qui imprègne ces paroles). Du coup, on s’est dit que ce serait intéressant de vous partager cette expérience et de vous en dire un peu plus sur ce que l’on a appris (open source for ever).

AVANT LE CES

#1 : Se préparer bien à l’avance (et ne pas y aller comme des touristes)

Ca semble évident dit comme ça, mais s’il y a une chose à retenir pour le CES, c’est celle-là: il faut se pré-pa-rer ! Nous n’avons su que deux mois avant que nous participions au CES, nous ne sommes donc vraiment pas des exemples en matière de préparation mais il faut savoir que le CES est un évènement qui se prépare vraiment (vraiment) à l’avance ! Les évènements organisés à la one again sont le quotidien des startups, mais là, c’est un tout autre niveau. Le CES demande une logistique impeccable : billets d’avions, logement, décoration, tenues, visuels de stand, transports des produits… tout ça demande un temps et une énergie folle et ne peut se régler à la dernière minute. On met les doubles warning sur les questions de douane qu’il faut gérer avec la plus grande attention avant son départ. Le passage à la douane aurait pu nous coûter notre CES, si nous n’avions pas eu la chance de tomber sur LA douanière la plus cool du monde qui, touchée par nos yeux larmoyants et nos petits Pavés, nous a gentiment laissé passer : “Daaamn, concrete speakers… you look nice fellows, just go and don’t tell anyone”... la chance du débutant. On s’en rappellera.

Tip #1 : Ne pas y aller comme des touristes  

 

#2 : Ne pas négliger ses relations presses

Pour une bonne préparation du CES, il est très important de travailler ses relations presses. Nous avons fait le choix d’être accompagné par une spécialiste des relations presses (Big Up Maryse) qui nous a aidé à choisir les bons journalistes, à les prévenir de notre présence et surtout à les convaincre de faire quelques kilomètres de plus (oui oui, on parcourt vraiment des kilomètres sur le CES) pour passer voir notre stand et découvrir notre produit. Cette étape permet de cibler les personnes vraiment en accord avec votre projet, qui partagent votre vision et qui seront le plus à même de raconter votre histoire. PS : Les journalistes détestent se faire courir après sur le salon (ce sont des être humains, ils ont un coeur eux aussi, la plupart d’entre eux cachent même leur badge pour ne pas se faire repérer, d’où l’intérêt une fois encore de les prévenir en amont.

Tip #2 : Ne pas courir après les journalistes

#3 : Travailler son pitch sans relâche

Le CES, c’est une semaine de pitch non-stop. De 7h à l’hôtel pour certains, puis de 9h à 18h et plus dans l’Eureka Park, puis au cours des soirées surtout réservées à networker et à s’insérer dans l’écosystème Tech. Pendant le CES on pitche sans relâche en anglais, en français et en franglais à la fin. Il faut capter l’attention, faire le show tout en faisant passer clairement son message, sans se mélanger et sans passer à côté de conversations qui pourraient vous être plus utiles que d’autres. Du coup, mieux vaut connaître son pitch sur le bout des doigts, sans pour autant le réciter comme un robot et risquer de devenir ultra boring. Ne surtout pas hésiter à faire le show, surtout aux States.



 
Tip #3  : Faire le show


PENDANT LE CES

#4 : Enfiler ses sneakers et foncer (Just do it)

Une fois sur place, stand installé, noeud pap’ noué, sneakers au pied, plus le temps de stresser, il faut y aller ! Avec les géants qui sont présents sur place, il est facile de se laisser impressionner et de se dire que l’on est pas à la hauteur. Mais s’il y a une chose à savoir, c’est qu’au CES, tout est possible ! Avant notre départ, certains disaient que nous n’étions pas assez mûrs, pas assez solides ou que nous n’avions pas notre place là-bas dans un événement d’une telle envergure et pourtant, avec le soutien des bonnes personnes, nous avons foncé et sans aucuns regrets ! Faire partie de la délégation French Tech cette année a été pour nous une opportunité exceptionnelle ! Nous avons gagné en visibilité, nous avons pu échanger sérieusement avec des personnes totalement inaccessibles autrement , des médias, des décideurs, des CEO d’entreprises que nous avons toujours rêvé de voir... En plus, il faut le dire, le cadre du CES casse les codes conventionnels du networking et permet, entre une partie de black jack et un tour de taureau mécanique, de créer des vrais liens !

Tip #4 : Nouer des liens 

#5 : Ecouter, noter, retenir

Le CES c’est une opportunité incroyable d’échanger sur place avec un public archi-qualifié, d’ingurgiter de la connaissance et d’apprendre. Pendant une semaine, les visiteurs viennent challenger votre stratégie business, vos équipes, et vous posent des questions pointues mais le tout dans une grande bienveillance. Nombreux sont les vieux loups de mer qui viennent donner leurs précieux conseils aux nouveaux arrivants. Le CES est une semaine intensive de brainstorming, et pour nous, une occasion formidable de nous remettre en question, d’aller à la pêche aux idées, de réfléchir à la suite de notre stratégie.

Tip #5 : Devenir un élève modèle


#6 :Chasser en meute, la stratégie gagnante

Comme chaque année, La French Tech s’est fait basher : une délégation disproportionnée, des startups mal sélectionnées, un message inaudible, “la risée du CES”. Certains s’en sont donnés à coeur joie pour casser le moral des troupes et décrédibiliser le petit coq rouge. Mais sur place, on peut vous le certifier, les participants étaient impressionnés du pavillon French Tech et du dynamisme de tous ces petits frenchies. En ce qui nous concerne, nous avons adoré être au milieu d’autant d’entrepreneurs inspirants et bouillonnants d’idées. L’effet de groupe a eu des répercussions très positives sur le public, ébahi devant autant de projets issu d’un si petit territoire à l’échelle internationale. Tout le monde a sa place au CES, les petits et les grands et malgré le très grand nombre de startups présentes sous l’étendard French Tech, chacune rentre les poches remplies de contacts business qualifiés. Faut l'avouer, on s'est bien marré tous ensemble ! 

Tip #6 : plus on est de fous, plus on rit !

 

APRÈS LE CES

#7 : Relancer tous ses contacts (mettre le pied dans toutes les portes)

Comme le dit bien notre maître à penser Guillaume Gibault dans J’y vais mais j’ai peur, il faut “mettre le pied dans toutes les portes”. Tous les contacts croisés au CES sont des contacts qualifiés qu’il faut soigneusement conserver quelque part et surtout relancer ! Alors oui, c’est pénible et ça prend du temps (on a pas encore complètement fini), mais c’est absolument essentiel. Et sans cette étape, tout le travail effectué sur place est perdu.

Tip #5 : Mettre le pied dans les portes 

#8 : Surfer autant que possible sur la vague CES

Cela peut sembler absurde et pourtant, traverser l’Atlantique pour participer au CES permet de gagner en visibilité mais aussi en crédibilité. D’un coup, le projet que vous portez est pris beaucoup plus au sérieux, à vous ensuite de surfer sur la vague positive du CES. C’est une vague qui permet d’ouvrir des portes auparavant inatteignables.

Tip #6 : Surfer la vague

EN BREF

 Pour répondre à notre première question : est-ce que nous avons bien fait de partir au CES ? Oui, oui et oui ! Le CES nous a permis de gagner en visibilité, en crédibilité, en maturité et de remplir notre carnet d’adresse de personnes qualifiées, des contacts qui, à moyen terme, déboucheront sur des contrats, des clients, des partenaires, de nouvelles idées...  Et tout cela avec des retombées bien concrètes sur notre territoire. On sait que le french bashing est à la mode, mais mettre le moral des autres dans des chaussettes ne sert à rien. Les critiques constructives sont essentielles pour aider les jeunes pousses à grandir et à s’améliorer, les écraser au contraire, ne sert pas à grand chose. Loin d’être brouillé, le message que La French Tech veut envoyer à la communauté tech mondiale est très clair. On peut être français et avoir des ambitions internationales. Alors Go French Tech ! Et croyons en nous !

L’équipe du Pavé Parisien, à fond dans la production depuis le retour du CES ;)

 


3 commentaires


  • KEVIN RAVI

    Au top votre rapport ! Complètement en phase avec vous ;-)
    Bon courage le Pavé !


  • Maryse

    Quelle Présence et quelle retour d’expérience ! Bravo pour un succès bien mérité et pour m’avoir associée à votre aventure. Avant même “d’apprendre” le CES, THE équipe du Pavé Parisien a su adopter la bonne attitude pour faire de son CES un succès, à savoir ;
    - Travailler une histoire originale et porteuse
    - Réorienter les messages des specifications produits pour surfer sur les tendances du CES
    - Parler du "Pourquoi’ au lieu de ‘Quoi’
    - Ouvrir le discours sur l’international
    - Concevoir un pitch et le maîtriser pour le jour J

    Que la suite soit aussi énergique et inventive!


  • Thomas Fauvel

    Excellent rapport qui servira sûrement à d’autres startups pour 2020. Mais où le « After CES 2019 Movie » by le Pavé Parisien ?


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